Transports

Pour les compagnies comme pour les lieux les accueillant, le transport des artistes et du public reste l’un des principaux postes de dépense énergétique et de pollution.
Comment concilier aujourd’hui la diffusion souhaitée la plus  large possible des projets artistiques tout en réduisant son impact ?
Artistes, compagnies, ensembles

Choisir les modes de transport les moins polluants

  • Prendre systématiquement le temps de faire une prévision d’empreinte carbone des voyages prévus en tournée ou de la venue d’artistes pour prendre conscience de son impact :
    • Un calculateur gratuit pour suivre les émissions de CO2 (transports, hôtels…) sur les tournées : Creative Green Tools
  • Privilégier les transports en commun aux transports individuels, le train à l’avion, le covoiturage si les déplacements en voiture sont nécessaires
  • Utiliser des moyens de transports électriques
    • Des cars 100% électriques sur la région parisienne : Savac
  • A défaut,  optimiser les transports à essence :
    • Vérifier le respect des normes européennes Euro, et le classement Crit’Air du véhicule choisi
    • Proposer au public les places vides du car des artistes pour le conduire ou le ramener du lieu du spectacle. Organiser cela en amont afin que le public ne prenne pas sa voiture.
    • Inciter les artistes et le public au covoiturage
    • Pratiquer l’éco-conduite : vitesse modérée les cinq premiers kilomètres, 120 km/h sur autoroute, arrêter le moteur en file d’attente, ne pas abuser de la climatisation…
  • Compenser ses émissions de gaz à effet de serre pour les transports jugés inévitables, en avion notamment.

Les avions, en fonction des modèles, de la distance du trajet et du taux de remplissage, émettent entre 73 et 254 grammes d’équivalent CO2 pour transporter un passager sur un kilomètre.

Une voiture transporte en moyenne 2,2 passagers sur les transports longue distance, pour environ 55 grammes de CO2 par passager sur un kilomètre

Tous deux sont battus par le TGV qui, pour une moyenne de 285 passagers, émet 3,37 grammes d’équivalent CO2 pour transporter un passager sur un kilomètre, soit entre 20 et 75 fois moins qu’un avion, et 16 fois moins qu’une voiture. »


Sources : Ministère de la Transition Ecologique & ADEME


  • Intégrer les données du bilan carbone aux feuilles de routes afin de sensibiliser les artistes à l’empreinte carbone de leurs voyages. Ils seront d’autant plus sensibles à diminuer sur place la pollution sur tous les postes sur lesquels ils ont un pouvoir.

Repenser sa diffusion pour supprimer les déplacements évitables

  • Conditionner le lancement d’une tournée dans une zone géographique lointaine à un nombre de dates minimum, afin d’amortir les émissions causées par les voyages en avion ou bateau
  • Penser, dès la conception des tournées, la faisabilité de transports plus écologiques (en revanche souvent plus chronophages)
    • Prévoir un jour de trajet entre chaque spectacle
    • Laisser des marges de temps pour amortir les imprévus et faciliter l’écoconduite lors de trajets en voiture
Lieux d’accueil, Festivals

Favoriser la venue du public dans les conditions les moins polluantes possibles :

  • Adapter les horaires de représentations/répétitions afin qu’ils soient compatibles avec les transports en commun
  • Mettre en place des services pour les mobilités douces
    • Installer des locaux couverts et fermés à vélos, ainsi que des vestiaires pour les casques/trottinettes…
    • Communiquer sur l’organisation des pistes cyclables autour du lieu, et sur les bornes de vélo en libre-service
    • Mettre en place des navettes électriques omnibus pour le public éloigné
    • Proposer des trajets optimum pour venir à pied
  • Inciter le public à utiliser les transports en commun ou partagés 
    • Proposer un service de mise en relation pour le covoiturage, voire des incitations financières (réduction sur les billets selon le principe de billetterie responsable) pour les spectateurs et spectatrices se regroupant pour voyager

« Avec la croissance de l’ensemble Correspondances, les dates à l’étranger ont fortement augmenté. Cela répondait aussi à l’injonction d’être présent à l’international qui nous est faite par nos tutelles et nos mécènes. Il était important de repenser cette présence de manière plus respectueuse : rationaliser les tournées, éviter les dates isolées à l’étranger autant que possible, penser des tournées groupées en Europe en prenant le train, payer la taxe carbone pour des tournées hors Europe qui nous tenaient à cœur même si ce n’est pas une solution idéale. Nous nous sommes vite aperçus que cela répondait aussi à un besoin des musiciens qui étaient épuisés physiquement et mentalement de sillonner les aéroports anonymes, d’accumuler les retards et annulations de vols low-cost. »

Céline Portes – Ensemble Correspondances

Sources :
La mobilité en 10 questions – Septembre 2019 – ADEME
Méthodologies sur les transports d’ici 2022 – ADEME
Techniques de conduite éco-énergétiques – 2020 – Ministère de l’environnement du Canada
Consommations conventionnelles de carburant et émissions de CO2 – Septembre 2018 – ADEME
Information GES des prestations de transport – Septembre 2018 – Ministère de la Transition Écologique